Ce blog prend la poussière.
Il est temps de faire le ménage ! Que direz-vous de 3 bonnes critiques de derrière les fagots ?
Avant de commencer, j'aimerais remercier l'inventeur-trice de la fête du cinéma, car depuis samedi j'ai vu 3 films !
Voilà voilà.
Alors, on commence par l'adaptation au cinéma de la série Les Lascars, anciennement diffusée sur Canal +.
Personnellement, je ne m'attendais pas à un casting de voix si prestigieux pour un dessin animé : Vincent Cassel, Diane Kruger, Omar & Fred, Diam's, enfin que des people quoi. Le résultat ? un film drôle, cocasse et réaliste. Pour me mettre dans le bain, j'ai regardé de nombreux épisodes de la série. Ce sont des petits épisodes de 2 min maximum, qui traite des gens dans les cités, plus particulièrement des jeunes, bien sûr. Des dialogues percutants, un bon rythme, malgré quelques longueurs, parfois...que des situations burlesques, et le verlan, et les expressions genre "tranquille le chat" ou "baltringue"... esthétiquement aussi, c'est très réussi. Le dessin est fluide, les couleurs sont vives, les plans sont bien construits. Quand à la musique, rien à dire ! On a même droit à la ptite chanson avec Vincent Cassel qui chante, à la fin ! Bon, c'est plus drôle avec les dessins, mais les paroles sont pas mal =D http://www.youtube.com/watch?v=E-tk8bknNtY&eurl=http%3A%2F%2Fexclusive%2Dvideo%2E20minutes%2Dblogs%2Efr%2Farchive%2F2009%2F06%2F22%2Fpetit%2Dbonhomme%2Dvert%2Dles%2Dlascars%2Dfull%2Dversion%2Ehtml&feature=player_embedded
Bref, c'est sympa et on se prend d'amitié avec la dream team du ghetto !
Second film : Jeux de pouvoir, avec Russel Crowe et Ben Affleck comme guests stars.
Jeux de pouvoir, c'est l'histoire d'un journaliste joué par Russel Crowe, enquêtant sur le meutre de la maîtresse d'un homme politique (joué par Ben Affleck). Ben Affleck se trouve être le copain de Ru-ru dans le film, ce qui complique considérablement les choses. Lorsqu'un journaliste se confronte à une situation compliquée, que doit-il faire passer en premier, son amitié ou sa conscience professionnelle ? Lorsqu'un homme politique se voit pris dans un scandale, doit-il cacher ou révéler la vérité ?
Russel Crowe est évidemment brillant, mais il a pris du poids et des cheveux. Prenez une photo de lui jouant dans Gladiator et une photo dans Jeux de pouvoir, y'a une sacrée différence. Cependant cela reste un très bon acteur, contrairement à Ben Affleck qui ne se bonifie pas avec le temps. J'ai trouvé son jeu trop basique et trop mou. Outre ces deux stars, un petit plus pour Rachel McAdams, qui joue une journaliste en herbe. Je l'ai beaucoup apprécié (tu m'étonnes, dixit ma petite voix, tu t'es totalement identifié au personnage !) M'enfin, comme dirait Gaston.
Le film traite de la relation oedipienne (ouaouh, une référence littéraire exagérée et pompeuse) entre le monde du journalisme et le monde de la politique. Ils sont extrêmement liés, mais ne se comprennent pas toujours. Il parle aussi de sujets d'actualité, comme la vie privée dévoilée des politiciens, la montée d'internet face au journal papier.
Ce film m'a fascinée, car je veux toujours devenir journaliste, et que ce film montre bien les bons et les mauvais côtés de ce métier. La passion d'écrire mais aussi les contraintes du temps. Un long-métrage intéressant, qui fait réfléchir. Du suspense, de l'action et des bons acteurs : que demander de plus ?
Moi, ce que je demande de plus... c'est le dernier Woody Allen ! Whatever works.
Woody Allen est mon réalisateur préféré. Pourquoi ? ce mec est un génie, dans son genre. Il sort des films différents chaque fois, mais qui portent sa patte. Car il y a un style Allen. De l'allenisme, un genre allenien. Dans ces films, il y a souvent de l'humour, mais pas à chaque fois. Souvenez-vous de Match Point, un drame qui n'avait rien de comique. Dans ces films, il y a des filles, et pas n'importe lesquelles : des muses, des déesses, des fées créatrices et au fort caractère, mais pas à chaque fois. Dans Whatever Works, Evan Rachel Wood joue une jeune fille, Melody, qui aurait très bien pu apparaître dans Candide de Voltaire. Dans ces films, il y a surtout un héros qui lui ressemble et même parfois, c'est Woody qui joue. Se trouve aussi des dialogues bourrés d'humour, de burlesque, un humour fin, cynique, pessimiste et angoissé, mais un humour qui donne la joie de vivre.
C'est l'histoire de Boris Yellnikoff, un homme âgé vivant depuis toujours à New York City, un pur new-yorkais. On connait la passion de Woody Allen pour New-York. C'est une de ses muses. Boris a raté son mariage avec sa belle et intelligente femme, a raté son prix nobel de physique et même son suicide. Après quoi, il a boité. Il a des théories sur un peu tout, se prétend très intelligent et très au-dessus de la moyenne. Ce qui est sûrement vrai... mais ça le rend exécrable. Il est à la fois cynique, sarcastique, ironique, cruel avec tout le monde et surtout les enfants à qui il apprend les échecs. Ce mec déteste la race humaine et tout ce qu'elle fait. Pour lui, l'humanité est condamnée. Ah, j'oubliais : il est aussi hypocondriaque, maniaque, a des crises nocturnes et un misanthropisme (du grec misos, hair, et anthropos, humain.) exacerbé. Mais on l'aime quand même ! Parce qu'il est drôle et qu'il déteste tout ce que les gens aiment habituellement. Une nuit, ce curieux personnage reçoit la visite d'une jeune fille du Mississipi, Melody, qui s'est enfuie de chez ses parents. Après quelques remontrances, il décide de l'héberger un jour ou deux... qui deviennent des mois, et puis des années. Car le destin veut qu'ils tombent amoureux, ou plutôt que la naive Melody tombe amoureuse du brillant physicien, ou que l'homme au Q.I supérieur épouse l'ingénue à qui il se charge de faire l'éducation intellectuelle. Ensuite, vient sa mère, qui se découvre artiste-photographe, puis son père qui se découvre homosexuel, et enfin la séparation, qui ne pouvait décidément pas durer. Entre lui et elle, il y a des décennies d'écart, mais l'amour est aveugle...
"Et quel âge as-tu ?"
" 21 ans."
"Oui, c'est ça, 21 ans ! et moi je joue pour les Yankees !"
"Tu boitais déjà, quand tu jouais chez les Yankees ?"
Ce film est un pur Woody Allen. Il est trompettiste dans un groupe de jazz, à New-York bien sûr. C'est sa deuxième passion après le cinéma. Résultat, on a droit à un florilège de chansons jazz et de musiques classiques qui agrémentent le film d'une façon très agréable. On voit bien que New-York est isolé du reste des Etats-Unis. En réalité, New-York rassemble les bons côtés de l'Amérique avec un style européen. Le "mauvais" (si on peut dire ça) du film, c'est la détestation de l'élite new-yorkaise, bobo, artiste et intellectuelle, du reste de l'Amérique. Dénigrement du paysan bouseux, raciste et pour l'avortement du middle-west. En fait, dénigrement du reste de l'Amérique tout court. Boris se fout de la gueule de Melody en ironisant sur les barbecues au bord du lac et les bals de fin d'année. Dans Whatever Works, il n'y a que des citadins accros aux vernissages. Il faut aussi comprendre les références culturelles de Woody Allen, difficiles si on est pas initiés.
Mais Allen, c'est d'abord une philosophie de vie. Pour avoir lu un de ses livres : Dieu, Shakespeare et moi, il est perpétuellement angoissé par l'idée de mourir un jour, se pose chaque jour des questions existentielles sur la mort, Dieu, le paradis, l'amour, le sexe. Et c'est drôle. Pour moi, Woody Allen a été, est et restera un grand acteur, réalisateur et scénariste. Il a réussi a faire un film ancien, avec un cachet, un film d'auteur. D'ailleurs, il n'aime pas mettre beaucoup de budget dans ses films, et ça se ressent : il met plus l'accent sur le jeu d'acteur et les dialogues percutants.
Mais au fait, quelle est la traduction de "Whatever works ?" c'est : "le tout, c'est que ça marche". La morale du film, c'est : profitez de la vie, car l'important est que ça roule.
1 commentaire:
Mon coup de cœur
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